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Édito

Je suis chrétienne, je crois en la science… et je crois aussi en l’astrologie

Foi, science et astrologie : je vous raconte, sans détour, comment j'ai arrêté de choisir des camps et pourquoi les trois tiennent debout chez moi.

Par Juliette · 4 octobre 2026 · 9 min de lecture

Je suis chrétienne, je crois en la science… et je crois aussi en l’astrologie

Je sais que rien qu’avec ce titre, j’ai probablement réussi à perdre trois catégories de personnes en même temps.

Pour certains chrétiens, l’astrologie n’a absolument rien à faire là. Pour certaines personnes très cartésiennes, Dieu n’a rien à faire là non plus. Et pour d’autres, croire en Dieu, à l’astrologie ET à la théorie de l’évolution dans la même phrase ressemble à un bug quelque part.

Pourtant, chez moi, il n’y en a pas.

Je suis née dans une famille de tradition catholique. J’ai été baptisée. Mais je ne vais pas vous raconter que j’ai grandi tous les dimanches sur les bancs d’une église parce que ce serait complètement faux. Je n’y vais quasiment jamais. J’y suis allée pour des mariages, des baptêmes, des enterrements, les événements de la vie qui nous font pousser les portes d’une église parce que c’est ce qu’on fait à ce moment-là. Mais dans mon quotidien, l’Église n’a jamais vraiment été l’endroit où je cherchais Dieu.

Et plus ma foi grandit, plus c’est quelque chose que je comprends.

Je me sens aujourd’hui profondément chrétienne. Beaucoup plus qu’il y a quelques années, d’ailleurs. Mais curieusement, plus je me rapproche de Dieu, moins je ressens le besoin d’appartenir à une religion au sens institutionnel du terme.

Une foi sans décor

Je ne ressens pas le besoin d’aller dans un bâtiment pour parler à Dieu.

Je ne ressens pas le besoin qu’une personne placée entre Lui et moi m’explique systématiquement comment je dois croire, quand je dois prier ou à quoi ma foi devrait ressembler.

Je respecte totalement ceux qui trouvent quelque chose de précieux dans l’Église, dans la messe, dans une communauté ou dans les rites. Simplement, ce n’est pas là que je trouve Dieu.

Et, personnellement, aller à l’église uniquement parce qu’on m’aurait appris qu’une « bonne chrétienne » doit le faire me semblerait assez futile. Je préférerais mille fois une prière sincère faite seule dans ma chambre à une heure improbable qu’une heure passée sur un banc à penser à autre chose.

Mon sanctuaire, finalement, c’est peut-être simplement moi.

C’est un truc que j’ai mis du temps à comprendre.

Je peux prier chez moi. Dans ma voiture. En marchant. Dans ma tête. Je peux parler à Dieu quand personne ne m’entend. Je peux Le chercher dans ce qui m’entoure, dans ce que je vis, dans mes enfants, dans la nature, dans les moments où tout va bien et surtout dans ceux où tout part franchement en vrille.

Ma foi n’a pas besoin d’un décor particulier pour exister.

Et l’astrologie, dans tout ça ?

Et au milieu de cette foi, il y a quelque chose qui fait parfois lever quelques sourcils : je crois aussi à l’astrologie.

Pas à la version où Saturne aurait décidé de ruiner ton mardi parce qu’il s’ennuyait.

Pas à l’idée que douze signes suffiraient à ranger huit milliards d’êtres humains dans douze petites boîtes.

Et certainement pas à l’idée qu’un thème astral serait plus puissant que notre libre arbitre.

Pour moi, l’astrologie est avant tout un langage. Une manière d’observer des cycles, des symboles, des tempéraments, des périodes de vie. Elle m’aide à poser des questions. À comprendre certaines dynamiques. À mettre parfois des mots sur quelque chose que je ressentais sans réussir à l’identifier.

Elle ne remplace pas Dieu.

Et elle ne remplace pas non plus la science.

Je crois aussi en la science

Parce que oui, autre petite case que je refuse de choisir : je crois profondément en la science.

Je crois à l’évolution. Je n’ai aucun problème avec l’idée que la Terre ait environ 4,5 milliards d’années, que l’Univers en ait environ 13,8 milliards ou que notre espèce partage des ancêtres communs avec les autres primates.

Je trouve même ça absolument vertigineux.

Je ne regarde pas une découverte scientifique en me demandant si elle menace ma foi. Au contraire. Plus j’apprends de choses sur l’Univers, plus je réalise à quel point nous sommes minuscules au milieu d’un truc absolument gigantesque, ancien et complexe.

Et ça ne m’éloigne pas de Dieu.

Chez moi, ça produit plutôt l’effet inverse.

Je ne demande simplement pas à la science de répondre aux mêmes questions que ma foi.

La science peut chercher comment l’Univers s’est formé. Elle peut dater une roche, observer une galaxie située à des millions d’années-lumière, étudier notre ADN, expliquer la sélection naturelle, mesurer des phénomènes que nos ancêtres n’auraient même pas pu imaginer.

Et tant mieux.

Je ne vois pas pourquoi Dieu aurait besoin de notre ignorance pour exister.

Je trouve même cette idée assez étrange : pourquoi faudrait-il que quelque chose reste inexpliqué pour pouvoir y mettre Dieu ?

Si demain la science comprend quelque chose que nous pensions mystérieux hier, ma foi ne perd pas un morceau.

Parce qu’elle n’est pas construite dans les trous de nos connaissances.

Elle est ailleurs.

Et inversement, je refuse de faire dire à la science ce qu’elle ne dit pas.

L’astrologie, telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui, n’est pas reconnue scientifiquement comme une méthode capable de prédire de manière fiable la personnalité ou l’avenir d’une personne. Je pourrais essayer de contourner cette phrase pour rendre mon métier plus confortable. Mais non.

Je peux croire à quelque chose sans prétendre que cette chose a été démontrée scientifiquement.

Cette nuance-là est importante pour moi.

C’est exactement la même chose lorsque je parle d’énergies. Quand j’utilise ce mot dans un contexte spirituel, je ne prétends pas parler de l’énergie au sens où un physicien l’utiliserait dans un laboratoire. Je parle d’un ressenti, d’une expérience, d’une croyance personnelle.

Je n’ai pas besoin de déguiser ma spiritualité en science pour lui donner de la valeur.

Et c’est peut-être précisément là que j’ai trouvé mon équilibre.

Je n’ai plus envie de faire rentrer toutes mes croyances dans une seule boîte parfaitement cohérente pour rassurer tout le monde.

Parce que la vie elle-même n’est pas aussi propre que ça.

La grosse question

Et évidemment, il reste la grosse question.

Est-ce que la Bible condamne l’astrologie ?

Il serait très facile pour moi de répondre « non » et de passer à autre chose.

Ce serait aussi malhonnête.

La Bible contient bel et bien des passages extrêmement critiques envers la divination, les pratiques occultes et le fait de chercher dans les astres la connaissance de l’avenir. Le Deutéronome condamne plusieurs pratiques divinatoires. Dans Isaïe 47, les astrologues et ceux qui observent les astres pour annoncer ce qui doit arriver sont tournés en dérision.

Ces textes existent.

Je ne vais pas les effacer simplement parce qu’ils compliquent mon propos.

Mais ce qui m’intéresse justement, c’est de comprendre ce qui est condamné derrière ces pratiques : la volonté de connaître et de contrôler l’avenir ? L’idolâtrie ? Le fait de remettre son destin entre les mains d’autre chose que Dieu ? La peur qui pousse à chercher constamment des signes ?

Parce que sur ces points-là, étrangement, je comprends parfaitement la mise en garde.

Je serais même capable de la faire aujourd’hui.

Je n’ai aucune envie qu’une personne consulte son thème astral avant de prendre chacune de ses décisions.

Je n’ai aucune envie que quelqu’un refuse une histoire d’amour magnifique uniquement parce qu’un tableau de compatibilité lui a annoncé que leurs signes n’étaient pas faits l’un pour l’autre.

Je n’ai aucune envie que l’astrologie devienne une prison.

Et surtout, je ne crois pas que les planètes soient des divinités.

Je ne prie pas la Lune.

Je ne demande rien à Saturne.

Je ne pense pas que Mars soit assis quelque part dans l’Univers en train de préparer ma prochaine dispute.

Ce sont des astres.

La dimension symbolique que je leur associe appartient à ma pratique de l’astrologie. Elle n’en fait pas des dieux.

D’ailleurs, la Bible elle-même parle énormément du ciel.

Le Psaume 19 commence par cette phrase magnifique : « Les cieux racontent la gloire de Dieu. »

Et dans l’Évangile selon Matthieu, l’histoire de la naissance de Jésus comporte quand même un détail assez fascinant : des mages observent un phénomène céleste et se mettent en route.

Est-ce que cela signifie que la Bible valide notre astrologie moderne ? Non.

Ce serait aller beaucoup trop loin.

Mais cela rappelle au moins quelque chose que l’on oublie parfois : pendant une immense partie de notre histoire, lever les yeux vers le ciel était une manière de chercher à comprendre le monde.

Un débat vieux comme le monde

Et ce débat entre foi et astrologie n’est absolument pas nouveau.

Saint Augustin s’est opposé très fortement à l’astrologie, notamment parce qu’il refusait l’idée que les astres puissent déterminer nos actions. Pour lui, cette idée posait directement un problème de libre arbitre et de responsabilité humaine.

Et là encore, même en pratiquant l’astrologie, je trouve sa critique intéressante.

Parce que moi non plus, je ne crois pas qu’une carte du ciel décide à notre place.

Thomas d’Aquin aura plus tard une position plus nuancée : il accepte l’idée que les astres puissent avoir une influence sur le monde physique et certaines dispositions corporelles, mais refuse qu’ils déterminent la volonté humaine.

Des siècles avant Instagram et les horoscopes en carrousel, les gens débattaient donc déjà de tout ça.

Ça me fait plutôt sourire.

Mais surtout, ça me rappelle qu’on a le droit de réfléchir.

Je ne veux pas d’une foi dans laquelle poser une question serait déjà dangereux.

Je ne veux pas non plus d’une spiritualité dans laquelle il faudrait croire absolument tout ce qu’on me raconte sous prétexte que « l’Univers l’a envoyé ».

Et je ne veux certainement pas d’une vision de la science où l’on utiliserait le mot « scientifique » pour donner artificiellement de la crédibilité à n’importe quelle croyance.

J’aime pouvoir dire : je ne sais pas.

Je crois en Dieu.

Je crois profondément au message de Jésus.

Je crois que la science est l’un des outils les plus extraordinaires que nous ayons pour comprendre le monde dans lequel nous vivons.

Je crois aussi à certaines choses que je suis incapable de prouver.

Et je fais la différence entre les deux.

Ce qui a changé

Finalement, c’est peut-être ça qui a le plus changé dans ma spiritualité.

Avant, j’avais l’impression qu’il fallait choisir un camp.

Aujourd’hui, je m’en fiche un peu.

Je peux lire un passage de la Bible et regarder un documentaire sur la naissance des étoiles le soir même.

Je peux croire que l’être humain est le résultat de millions d’années d’évolution et penser malgré tout que son existence a quelque chose de profondément sacré.

Je peux étudier un thème astral sans penser qu’il contient le scénario déjà écrit de toute une vie.

Je peux croire aux énergies tout en sachant très bien que ma croyance personnelle n’est pas une publication scientifique.

Et je peux être chrétienne sans aller à l’église tous les dimanches.

En réalité, je n’y vais même pas.

Parce que je ne crois pas que Dieu vérifie une feuille de présence.

Je préfère essayer de retrouver le message de Jésus dans ce que je fais de ma vie, dans la façon dont j’aime, dont je pardonne, dont je me comporte avec les autres, dans mes erreurs aussi, plutôt que de considérer qu’un lieu suffirait à définir ma foi.

Je n’ai pas besoin d’être entre quatre murs pour me sentir près de Lui.

Mon sanctuaire n’a peut-être jamais été une église.

Mon sanctuaire, c’est moi.

Et quand j’ai besoin de lever les yeux, j’ai le ciel.

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